
Recrutement pour année scolaire 2026-2027

À l’origine de la fondation
Avec le développement de l’Oratoire Saint-Joseph, naît l’idée d’avoir une chorale en résidence sur le modèle des maîtrises rattachées aux grandes cathédrales européennes. Élaboré par divers comités depuis 1942, le projet est finalement relancé par le père Émile Deguire, de la congrégation de Sainte-Croix (c.s.c.), recteur de l’Oratoire, en 1951. Tout en désirant doter l’Oratoire d’une chorale d’enfants, le père Deguire veut faire œuvre sociale en recrutent les élèves de la maîtrise parmi les orphelins confiés aux soins de l’assistance publique. Le père Léandre Brault, c.s.c., directeur de la chorale de l’Université Saint-Joseph de Memramcook, est désigné pour prendre en charge la fondation d’une maîtrise. Mais avant d’enseigner le chant à des jeunes, le futur directeur voit la nécessité de parfaire d’abord sa formation musicale par quelques années d’étude en Europe, auprès de grands maîtres. Les premières recrues Le 1er mars 1956 arrivent les trente garçons sélectionnés à la suite de la tournée de recrutement effectuée par le père Brault dans une quinzaine d’institutions de Montréal et de l’extérieur. Les élèves seront pensionnaires, ils logeront au Manoir, tel est le nom donné par le directeur à la maison Molson située sur le site du sanctuaire mise à la disposition par les autorités de l’Oratoire. Un studio de chant sera aménagé dans cet édifice tandis que le local de classes sera situé dans le bâtiment voisin, l’ancienne salle des pèlerins, l’Auberge aujourd’hui. L’annonce officielle Les journalistes de la presse sont convoqués à l’Oratoire le mercredi 7 novembre 1956. Le père Roland Gauthier, recteur, annonce la fondation d’une école de petits chanteurs : …pour que le culte y ait toute sa splendeur, d’accord avec son Éminence le cardinal Paul-Émile Léger, archevêque de Montréal, l’Oratoire a donc entrepris la formation d’un chœur de petits garçons à la voix pure comme celle des anges. (…) En prenant cette initiative, nous avons voulu entrer, à l’exemple des grandes cathédrales, dans la tradition millénaire de l’Église qui emploie les voix de petits garçons unies aux voix d’hommes pour le chant liturgique.
Patenaude et Pavarotti

Nouvelle politique de recrutement
Le gouvernement cesse l’octroi de subventions à la Maîtrise pour l’éducation et la prise en charge des enfants orphelins ou provenant de foyers séparés, la Maîtrise doit donc loger, vêtir, nourrir et éduquer les élèves à ses frais et pourvoir à tous les besoins. Devant ce défi impossible, la Maîtrise se voit obligée de modifier sa politique de recrutement des élèves.
Elle se tourne vers les familles de conditions modestes auxquelles sera demandée une petite contribution pour défrayer le coût de la pension des jeunes. Le recrutement de 1959 est le premier à regrouper des élèves issus des différentes écoles de la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM).

Les premières recrues

De par le vaste monde et à la grandeur de l'Amérique

Brault en exil
Charles-O. Dupuis, c.s.c., directeur musical des Petits Chanteurs du Mont-Royal de 1969 à 1978[/caption]Vers la fin de l’année 1968, Léandre Brault ressent le besoin de s’arrêter pour faire le point et se ressourcer. Le 1er juillet 1969, il part pour l’Europe y effectuer un séjour de deux ans qui lui permettra de visiter les principales maîtrises et de poursuivre des études en théologie. Pendant l’absence du père Brault, à la suggestion de ce dernier, les responsabilités qui incombaient au directeur de la Maîtrise seront dorénavant confiées à deux personnes. Le père Réal Duplessis, c.s.c., est choisi pour agir en tant que directeur général. Il supervisera l’enseignement scolaire et la vie communautaire des jeunes chanteurs. Il remplira cette charge jusqu’en 1971. La délicate mission de la direction artistique de la Maîtrise est confiée à Charles-O. Dupuis, c.s.c., qui possède une vaste culture musicale et une solide expérience en direction chorale. D’ailleurs, depuis son arrivée à l’Oratoire, en 1963, Dupuis a souvent prêté main-forte à Brault dans le choix du répertoire, l’audition des enfants et également en ajoutant sa voix à celle du chœur.
Ce chœur de 44 garçons a atteint un degré de perfection que je n’aurais pas cru possible en ce monde; et ils vivent près de nous. (Francean Cambell, journaliste –The Montreal Star, 1968)
Messe de Saint-Joseph La Maîtrise s’exécute à la basilique de l’Oratoire chaque jour de la neuvaine ainsi qu’à la fête de Saint-Joseph. En ce 19 mars 1970, les Petits Chanteurs du Mont-Royal ont le privilège d’interpréter en grande première la Messe solennelle en l’honneur de Saint-Joseph composée par l’organiste Raymond Daveluy. L’œuvre est imposante, majestueuse, écrite pour chœur, deux orgues et quintette de cuivres.
Avec Ferland, puis Léveillée Le directeur Dupuis accepte une demande plutôt inhabituelle pour la Maîtrise. À l’automne 1970, les Petits Chanteurs du Mont-Royal participent à l’enregistrement du disque Jaune de Jean-Pierre Ferland qu’ils accompagneront également lors d’une émission télévisée et lors d’un spectacle à la Place des Arts. À la suite de cette expérience inédite, la Maîtrise participera à l’enregistrement de la chanson Quelques arpents de neige avec Claude Léveillée.

Brault, ce géant
l'Abbé Léandre Brault, fondateur des Petits Chanteurs du Mont-Royal - © Archives de Radio-Canada[/caption]Dans la revue l’Oratoire de janvier 1957, Émile Legault, c.s.c., écrit : Il ne faudrait pas connaître le père L. Brault, c.s.c., pour douter de la réussite d’une école de petits chanteurs à l’Oratoire. Je l’ai appelé le bon géant, ce qu’il est à tous points de vue. (…) Son ardeur et sa ténacité, ils les a mis au service du chant. Un bourreau de travail. Et qui aime passionnément la musique chorale. Il a voulu mettre ses efforts à l’enseigne du chant liturgique et de la charité : ses petits gars sont d’abord des personnes qu’il faut conduire à leur maturité spirituelle, à leur maturité intellectuelle et artistique aussi.
Les Petits Chanteurs du Mont-Royal, dans un avenir plus ou moins immédiat, seront appelés à rehausser de leur piété et de leur talent musical l’éclat des cérémonies ici à l’Oratoire du Mont-Royal. (Revue l’Oratoire juillet-août 1957)

Avec Wilfrid Pelletier et l'après Vatican II
À la suite de sa participation à l’oratorio de Jean le Précurseur présenté en juin 1965 avec l’orchestre symphonique de Montréal dirigé par Wilfrid Pelletier, la Maîtrise est invitée à se produire en concert au camp des Jeunesses musicales au Mont Orford. Ce concert aura des lendemains importants. J’ai visité plusieurs maîtrise en Europe et je peux dire qu’on ne fait pas mieux qu’ici. (Wilfrid Pelletier) Le Concile Vatican II qui se conclut en 1965 ouvre la porte au chant religieux populaire et à la participation des fidèles évacuant ainsi le chant grégorien des célébrations. À l’Oratoire, il est décidé que la polyphonie gardera une place importante dans le déroulement de la liturgie solennelle. Les Petits Chanteurs du Mont-Royal continueront de faire entendre les messes de leur répertoire avec quelques ajustements.
Ambassadeurs

Les Petits Chanteurs du Mont-Royal sont délégués pour représenter le Canada à une rencontre chorale de jeunes qui a lieu au Venezuela en janvier 1983, à l’occasion des festivités entourant le bicentenaire de la naissance de Simon Bolivar.
La même année un groupe de dix-huit Petits Chanteurs du Mont-Royal se rend à Bruxelles afin de pendre part à la Troisième rencontre de chant choral de la Communauté des radios publiques de langue française le 13 et 14 novembre 1983. La quatrième édition de cet événement sera présentée par Radio-Canada, à Montréal, en juillet 1985 et la coordination musicale en sera confiée à Gilbert Patenaude.
Lors de l’Exposition universelle de 1986, la ville de Vancouver accueille une trentaine de Petits Chanteurs. Le choeur y présente des chansons de folklore et de chansonniers québécois harmonisées par leur directeur Patenaude à l’occasion des journées du Québec, les 24 et 25 juin.
Les occasions deviennent tout aussi variées que multiples d’entendre les Petits Chanteurs du Mont-Royal. Ils présentent des concerts avec plusieurs formations musicales qui font appel à leur talent. Ils participent à des productions de l’Opéra de Montréal, telles Werther, La Bohème, Carmen et Rosenkavalier.
Ils réalisent trois disques au cours des années 1980 : Chantez Joseph (1982), Musique sacrée à l’Oratoire (1985) et Noëls de la Nouvelle-France (1986). Enfin, la tournée de concerts France-Belgique en mai 1989 conduit la Maîtrise de Bruxelle au Mont-Saint-Michel.

